AAPS - Artisans Aveyron Pierre Sèche

Quelques définitions



A



Affaissement, nm.

Descente de plusieurs assises de pierre sur une longeur variable.

Aplomb, nm.

Verticalité parfaite obtenue au fil à plomb.

Appareil, nm.

Désigne la disposition relative des pierres et des joints d'un mur. Renseigne souvent sur la taille et la qualité des pierres. Concernant la pierre sèche on parlera : d'appareil en boutisses et panneresses, d'appareil en délit, d'appareil en opus romain, d'appareil en opus incertum, d'appareil cyclopéen, d'appareil en épi ou arête de poisson, opus spicatum.

Arase, nf.

Couche supérieure nivelée d'une assise de pierres. Elle peut être le niveau d'attente de pose de nouveaux moellons ou être le niveau fini d'un mur avec ou sans couronnement.

Arc, nm.

Assemblage de pierres, en général ceintré, destiné à franchir une ouverture dans une maçonnerie. Dans les murs en pierre sèche, on peut bâtir des arcs pour franchir une faiblesse de la fondation rocheuse, un passage d'eau temporaire, une source.

Arc de décharge, nm.

Assemblage de pierres destiné à soulager un linteau du poids de la maçonnerie supérieure en reportant la charge sur les montants verticaux de l'ouverture. On évite ainsi la rupture du linteau. On peut trouver sur les linteaux des cabanes en pierre sèches des arcs de décharge ceintrés en triangle, V renversé, ou sous forme de petites ouvertures.

Arène, nf.

Les arènes sont les sols ou sables provenant de l'altération de différentes roches, granites, calcaires, grès.

Arrachement, nm.

Ensemble des pierres d'attente, harpes, laissé à une partie de maçonnerie pour servir de liaison avec une autre maçonnerie, alignée ou perpendiculaire.

Assise, nf.

En maçonnerie, l'assise désigne une rangée de pierres d'épaisseur sensiblement égale.



B



Barbacane, nf.

Descente de plusieurs assises de pierre sur une longeur variable.

Basalte, nm.

Verticalité parfaite obtenue au fil à plomb.

Besace, nf.

Voire chaînage d'angle.

Bloc, nm.

Elément rocheux parallélépipédique, employé en construction, plus qu'un gros moellon.

Blocage, nm.

Remplissage d'un mur avec de la blocaille.

Bloquer, vt.

Bloquer un mur c'est réaliser un blocage.

Boutisse, nf.

Pierre dont la longeur pénètre dans l'épaisseur d'un mur, la largeur se présentant sur un parement.

Boutisse parpaigne, nf.

Pierre traversant toute l'épaisseur d'un mur, les extrémités se présentant aux deux parements. Son emploi sert à créer une liaison entre les deux parements. Syn : boutisse traversante, traversière.

Brèche, nf.

Effondrement d'une portion de mur.



C



Cale, nf.

Petite pierre assurant la stabilité et le niveau d'une pierre parementée. Il s'agit d'un calage de pose, le plus important, tandis que le calage secondaire, remplissage d'éventuels trous, est purement esthétique.

Calade, nf.

Revêtement des sols, allées, cours de ferme, en pierre debout, pierres des champs, galets.

Calcaire, nm et adj.

Ensemble de roches sédimentaires à base de cabonate de calcium : CACO3. Les dolomies se distinguent par leur composition à base de carbonates mixtes : calcium et magnésium.

Carreau, nm.

Pierre reposant sur un chant, face étroite, et présentant sa face large en parement.

Chaînage, nm.

Le chaînage solidarise les éléments constitutifs des maçonneries et empêche les fissurations et la dislocation des murs.

Chaînage d'angle, nm.

Disposition assurant la stabilité et la liaison de pierres d'angles avec le reste de la maçonnerie, grâce à l'emploi alternatif de pierres en boutisses et en panneresses. Syn. besace.

Chaînage de tête de mur.

Disposition qui permet l'arrêt d'un mur en alternant des boutisses parpaignes et des lancis.

Chant, nm.

Face étroite d'une pierre équarrie.

Chantepleure, nf.

Voire barbacane.

Cyclopéen, adj.

Se dit d'un appareil irrégulier formé d'énormes blocs de pierre, sommairement dégrossis, agencés sans créer d'assises régulières et formant des joints incertains. Exemple roches volcaniques, granite.

Contre-mur, nm.

Mur de doublage ayant pour rôle de renforcer un mur défaillant ou de stocker de la pierre.

C suite



Coup de sabre.

Malfaçon qui correspond à la superposition d'un joint sur plusieurs assises consécutives. La règle des joints croisés n'est pas respectée, créant ainsi une faiblesse dans la maçonnerie.

Couronnement, nm.

Rang de pierres qui termine le haut d'un mur. Son rôle est de charger et de stabiliser le mur.
On distingue :
  • Le couronnement à plat, fait de dalles épaisses aussi larges que le mur. Parfois ces pierres dépassent du mur, 10 à 20 cm, pour former une sorte de larmier.
  • Le couronnement en délit, fait de pierres plus ou moins plates posées sur chant.
  • Le couronnement en pierres taillées en demi-cercle ou en triangle.



D



Délit, nm.

On parle d'une pierre posée en délit lorsque le maçon ne respecte pas le lit de carrière, stratification naturelle, qui se retrouve à la verticale au lieu d'être à l'horizontale. Cette erreur crée une faiblesse à cause d'une moindre résistance aux compressions. De plus, dans le cas d'une pierre en délit assez importante, on créé un véritable "coup de sabre".

Délitage, nm.

Division d'une pierre dans le sens du lit de carrière, stratification naturelle.

Densité d'une roche.

Rapport de la masse d'un certain volume de roche, par exemple 1m3, à celle du même volume d'eau.
Exemple
  • 1m3 d'eau = 1tonne.
  • 1m3 de basalte = environ 3 tonnes.
  • 1m3 de travertin = environ 2 tonnes.

Dévers, nm.

Ecart d'aplomb entre le sommet et la base d'un mur, se manifestant par un déversement dans le vide.

Dresser, vt.

Dresser la face d'une pierre : c'est rendre plan mais pas nécessirement lisse.

Dégrossir, vt.

Tailler grossièrement un bloc de pierre à la masse ou au tétû.



E



Ebauche, nf.

Taille grossière d'un moellon.

Echiffre, nf ou mur d'échiffre.

Désigne le mur portant d'un escalier en pierre accolé à un mur.

Epierrement, nm.

Ramassage des pierres de surface des parcelles cultivées ou vouées aux pâturage extensif.

Equarrir.

Dégrossir une pierre en forme de parallélépipède rectangle sans affiner les parements.



F



Fourrure, nf.

Remplissage grossier, blocaille, pierraille, caillasse, entre deux parements d'un mur.

Fruit, nm.

Inclinaison donnée au parement d'un mur faisant diminuer régulièrement son épaisseur du bas vers le haut.

Epierrement, nm.

Ramassage des pierres de surface des parcelles cultivées ou vouées aux pâturage extensif.



G



Gneiss, nm.

Les gneiss ont la composition minéralogique des granites. Ils en sont différent par leur foliation plus ou moins nette et l'alternance de lits clairs et sombres. Densité moyenne = 2.7.

Granit ou granite, nm.

Roche cristalline dur composée de feldspath, quartz et mica. Densité moyenne = 2.7.

Grès, nm.

Roche sédimentaire composée de grains de silice agglomérés par cimentation naturelle, ciment siliceux, argileux ou calcaire. Densité moyenne = 2.1 à 2.9.



H



Harpe, nf.

Pierre d'attente qui sort d'un mur dans le but de créer une liaison avec une future extension de maçonnerie.



J



Jambage, nm.

Maçonnerie qui compose le montant latéral d'une porte ou d'une fenêtre.

Joint, nm.

Espace créé par deux éléments de maçonnerie. le joint peut être garni d'un liant ou non, pierre sèche.
On distingue :
  • Les joints de lit, horizontaux, séparant deux assises de pierres.
  • Les joints montants, verticaux, entre deux pierres d'une même assise.
  • Les joints incertains, dans le cas de maçonneries en "opus incertum"et en appareil cyclopéen.

L



Lancis, nm.

Longue pierre liant une extrémité de mur au reste de la maçonnerie. Regarder "chaînage de tête de mur".

Larmier, nm.

Partie d'une arase ou d'un couronnement à plat qui déborde du mur, 10 à 20 cm, afin d'évacuer l'eau de pluie à l'extérieur du mur.



L, suite



Lause ou lauze, nf.

Pierre plate obtenue par délitage de roches calcaires, schisteuses ou de grès. Souvent utilisée en matériau de couverture, la lause se retrouve aussi comme cales dans les murs en pierre sèche.

Limousinerie, nf.

Art d'appareiller un mur en moellons à parement apparents liés au mortier.

Linteau, nm.

Pièce de bois, de pierre ou de fer fermant la partie supérieure d'une ouverture et servant également à soutenir la maçonnerie au dessus de cette ouverture.

Lit, nm.

Le lit d'une pierre correspond à la position naturelle en couche horizontale dans son banc de carrière ou lit de carrière. A la pose d'une pierre, le maçon doit respecter le lit en évitant tout délit.



M



Marne, nf.

Roche sédimentaire tendre et friable constituée d'un mélange d'argile et de calcaire impropre à toute maçonnerie.

Moellon, nm.

Petit bloc de pierre plus ou moins équarri utilisé pour la construction des murs et pouvant être porté par un homme.

Monolithe, adj.

Fait d'un seul bloc de pierre, brut ou taillé.



N



Nu d'un mur, nm.

Plan vertical correspondant à la surface finie d'un parement de mur.



O



Opus, nm.

Ouvrage composé, en latin.
Dans la mise en oeuvre des pierres de maçonneries, on distingue :
  • L'opus romain : appareillage de pierres rectangulaires et carrées, de dimensions diverses, formant des assises. Ex : calcaire, grès.
  • L'opus incertum : appareillage de pierres de tailles et de formes irrégulières ne formant pas d'assises régulières et créant des joints incertains. Ex : schistes, gneiss.
  • L'opus spicatum : appareillage de pierres disposées en épi, arête de poisson.

Orthostate, nm.

Dalle dressée sur sa tranche.



P



Panneresse, nf.

Pierre disposée de telle sorteque sa face la plus longue soit en parement.

Parement, nm.

Surface apparente d'un mur. Côté d'une pierre qui doit paraître en dehors du mur.

Parpaing nm ou pierre parpaigne adj.

Pierre qui occupe toute l'épaisseur du mur et qui présente un parement sur chacune des faces d'un mur.

Perré, nm.

Mur de soutènement incliné, en pierre sèche, qui protège un ouvrage ou des terres de la dégradation par les eaux.

Pétrofabrique, nf.

Du grec "petra", pierre, et du latin "fabricare", construire. Structures acquises par les roches au cours d'un métamorphisme régional.

Pétrographie nf ou pétrologie nf.

Science des roches comprenant leur description, leur classification et l'interprétation de leur genèse.



Q



Queue, nf, d'une pierre.

Partie brut ou équarrie d'une pierre posée en boutisse qui entre dans le mur sans faire parpaing.



S



Schiste, nm.

Roche métamorphique issue d'anciennes argiles agglomérées et feuilletées par compression. Densité = 2.8.

Semelle, nf.

Blocs de pierre assurant la fondation d'un mur en terrain meuble. la semelle doit être plus large que le mur afin de jouer un rôle de répartition du poids de l'ouvrage sur une surface maximale. En terrain rocheux, la semelle n'est pas nécessaire.

Soutènement, nm.

Ouvrage de maçonnerie destiné à maintenir un remblai, une terrasse de culture, en s'opposant à la poussée latérale de la terre.



T



Tassement, nm.

Mouvement d'enfoncement du sol pouvant affecter les murs de pierres sèches en créant des lézardes ou des affaissements irréversibles.

Tête de mur.

Voire à chaînage de tête de mur. Un bloc monolithe dressé sur chant fait parfois office de tête de mur.

Tête d'une pierre.

Dans un mur, partie d'une pierre qui apparaît en parement.



V



Ventre, faire.

Se dit d'un mur se déformant sous l'effet d'une charge ou d'une poussée, mur de soutènement.



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